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Depuis toujours, le toit est symbole de protection et a pour fonction première d’amener l’eau des pluies d’un point A à un point B. Aujourd’hui, il fait face un nouvel enjeu, celui de la chaleur due au changement climatique.
Cet enjeu est d’abord sanitaire, puisque la chaleur dans les logements présente de nombreux risques pour la santé. Elle est responsable d’une surmortalité importante, on recense d’ailleurs 40 000 décès liés à la chaleur entre 2017 et 2025. De plus, les personnes vivant sous les toits présentent un risque 4 fois plus élevé de décès liés à la chaleur.
La question de l’habitabilité des toits est récente à cause des vagues de chaleurs de plus en plus fréquentes et intenses. Des années auparavant, l’intérêt pour l’espace sous les toits était moindre : ils étaient souvent destinés aux domestiques des immeubles. Cependant la croissance démographique dans les grandes villes a fait naître la nécessité de loger beaucoup de personnes dans des espaces restreints. Naturellement, la réappropriation du dernier étage afin d’occuper tous les espaces des bâtiments est devenue indispensable. Il est donc peu envisageable de condamner les espaces sous les toits pour éviter les problèmes de santé et de confort liés à la chaleur. Il faut plutôt envisager des solutions pour refroidir ces espaces afin qu’ils restent habitables.
Une des principales difficultés selon les participants, concerne l’isolation, qui ne fonctionne pas bien en été, il faut donc trouver d’autres solutions comme aller vers des climatisations plus saines, cela permettrait de :
Des solutions comme Vestaclim permettent par exemple de rafraichir des logements dans des immeubles haussmanniens grâce aux conduits de cheminées. Cette solution est encore à l’état de prototype mais pourrait permettre de gagner en confort thermique sans travaux dans des immeubles anciens.
Les participants mettent en évidence l’importance d’adapter le bâti existant, de réemployer les bâtiments et de profiter du patrimoine pour le faire évoluer. Selon eux, il est essentiel de redonner de la cohérence aux bâtiments et de les adapter en connaissant les méthodes anciennes de mise en œuvre.
Ils insistent également sur le fait que la réponse à cet enjeu doit être globale et collective. Elle doit être partagée entre les industriels, les métiers, les architectes, le législateur.
De plus, les participants soulignent qu’actuellement il n’y a aucune disruption technologique majeure pour le confort d’été, cela signifie que les savoir-faire sont déjà acquis et qu’il reste maintenant passer à l’action.
Concernant les métiers et la formation, il ressort des discussions qu’il est nécessaire de former les professionnels au confort d’été afin qu’ils en soient les prescripteurs, il devient primordial que les clients intègrent dans leur budget travaux le confort d’été. Aussi, les participants estiment que ce dernier doit être une part complète des programmes de formation afin qu’il y ai une transmission des savoir-faire via les CFA, du CAP au diplôme d’ingénieur. Plusieurs métiers sont concernés par le confort d’été : les couvreurs, les plaquistes, les plombiers-chauffagistes, les électriciens et les ventilistes.
Enfin, il ne faut pas oublier les usagers au cœur des processus : ils doivent être capable de gérer les technologies intégrées au bâtiment qui permettent le confort d’été.
Pour conclure, cette journée de discussion riches permet de mettre en lumière les nombreux défis et solutions qui concernent les derniers étages dans le bâti pour continuer à vivre dans ces espaces même en cas de forte chaleur. Ces premières discussions permettent de mettre en évidence que la réponse à ces problématiques devra être globale, intégrer tous les acteurs concernés, prendre en compte le bâti existant et engendrer des actions de formation afin que les métiers impliqués soient prescripteurs auprès des clients.
Ce colloque donnera lieu à un livre blanc présenté au prochain salon Batimat.
Pour plus d'informations : Fiona Noyer, Analyste veille, Courriel