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Depuis 1975, le niveau de diplôme a augmenté significativement. La proportion de bachelier est passée de moins de 30% en 1980 à près de 80% aujourd’hui. De plus, en 2023, plus d’un jeune sur deux est diplômé de l’enseignement supérieur tandis qu’en 1975 seulement 21% des 20-24 ans étaient inscrits en études supérieurs. Cependant, cette massification s’accompagne d’une reproduction des inégalités sociales d’accès aux diplômes. Les enfants dont les parents ont des diplômes du supérieur sont plus enclin à obtenir un haut niveau de diplôme, que les jeunes dont les parents ont un diplôme du secondaire voire pas de diplômes.
Malheureusement, cette augmentation des diplômes n’est pas synonyme d’une meilleure insertion professionnelle. Contrairement à la génération des années 1970 qui a bénéficié d’un contexte économique favorable, les jeunes de 2023 connaissent une situation plus incertaine concernant leur insertion professionnelle. D’ailleurs, seuls 43% d’entre occupent un emploi stable (CDI ou poste de fonctionnaire) contre 75% en 1982. Leur entrée dans la vie active est caractérisée par des transitions plus fréquentes entre contrats courts et chômage.
Cependant, il est à noter que le développement de l’apprentissage est important avec 29% des jeunes en emploi qui sont en alternance ou en stage contre seulement 6% en 1982.
Le niveau de diplôme des jeunes a augmenté plus rapidement que la structure des emplois, ce qui amène à une situation de déclassement et de baisse de la valeur du diplôme.
La durée du travail a reculé en moyenne de 17% depuis les années 1970, ainsi les jeunes de la génération 1995 vont devoir travailler moins que les générations précédentes pour avoir une retraite à taux plein. Cependant, d’autres facteurs ont modifié les conditions de travail des jeunes d’aujourd’hui. Les horaires atypiques de travail se sont développés et le travail s’est intensifié. Effectivement, le rythme de travail est dicté par plus de contraintes techniques, organisationnelles et hiérarchiques et des délais courts à respecter. Le contrôle hiérarchique est également plus important, 29% des jeunes en 2019 disent avoir un contrôle hiérarchique permanent contre seulement 17% en 1984. De plus,un tiers des jeunes déclarent travailler sous pression « toujours » ou « souvent ».
Une étude de la Dares vient abonder en ce sens, elle indique que les jeunes en emploi sont plus impactés par l’insécurité professionnelle, les contraintes physiques et le manque d’autonomie que leurs ainés de 30-49 ans. Les jeunes d’aujourd’hui pensent plus fréquemment qu’ils devront changer de qualification ou de métier dans les trois prochaines années. Ils sont plus souvent dans des situations où ils doivent appliquer strictement des consignes par rapport leurs ainés, cela peut s’expliquer par un début de carrière qui est marquée par une situation par apprenante ou par un manque de confiance de leur hiérarchie. Enfin, leur condition physique généralement favorable les exposent à des tâches nécessitant des ports de charges lourdes, des contacts avec des produits dangereux ou encore des gestes douloureux, par exemple.
En ce qui concerne les salaires, bien que les jeunes entrant sur le marché du travail entre 2009 et 2011 aient en moyenne des revenus supérieurs (à durée de carrière identique) à ceux entrés entre 1975 et 1980 (ajustés à l'inflation), leur position relative dans l'échelle des salaires s'est dégradée par rapport aux salariés plus âgés. En 2019, le revenu net moyen des 30-34 ans était inférieur de 13 % à celui des 50-54 ans, une inversion par rapport à 1979 où il était supérieur de 9 %. Les salaires des jeunes ont moins progressé que ceux des actifs plus âgés.
Le logement constitue l’élément le plus déterminant dans le déclassement des jeunes aujourd’hui. L’accès à la propriété demande un effort financier beaucoup plus important et les loyers payés par les locataires sont plus importants du fait de l’amélioration du confort et de la localisation en zone plus tendue des logements. Ainsi, le poids des dépenses liées au logement dans le revenu des ménages est passé de 14% en 1975 à 22% en 2022.
Pour conclure, la note du Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan nous montre bien que les jeunes d’aujourd’hui malgré leur niveau de diplôme plus important qu’il y a 50 ans, font face des contraintes d’emploi et financières plus tendues. Leurs conditions de travail sont de plus en plus difficiles avec une insertion sur le marché de l’emploi qui est moins fluide et des contraintes en termes de pénibilité, d’insécurité et d’autonomie qui sont plus exigeantes que leurs ainés. Il est important de prendre en compte ces éléments dans les métiers particulièrement exposés pour en améliorer l’attractivité et fidéliser les jeunes en poste.
Sources :
"Quelles sont les spécificités des conditions de travail des jeunes salariés ?", Novembre 2025, Dares. https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/quelles-sont-les-specificites-des-conditions-de-travail-des-jeunes-salaries
Note flash "Jeunesser d'hier et d'aujourd'hui : le grand déclassement ?", Octobre 2025, Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan, Antoine Bristielle, Anne Bucher & Pierre-Yves Cusset. https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/2025/2025-10-28%20-%20NF04%20Jeunesse/Note%20Flash%20n4%20-%2021.10%20_19h_der.pdf
Pour plus d'information :
Fiona Noyer, Analyste veille stratégique,Courriel