Enjeux et prospectives : Note de lecture : Orientation en CAP par apprentissage ou par voie scolaire est fortement liée au niveau scolaire et à l’origine sociale des élèves

Publié le - Mis à jour le

1. Une orientation en CAP influencée par le niveau scolaire et l’origine sociale
  • À l’issue de la 3, 10 % des élèves s’orientent en CAP :4 % en apprentissage et 6 % sous statut scolaire.
  • Les apprentis sont plus souvent :
    • des garçons,
    • d’origine sociale moyenne (artisans, commerçants, employés),
    • issus de zones rurales.
  • Les élèves en CAP scolaire sont davantage issus :
    • de milieux défavorisés,
    • de familles immigrées,
    • d’établissements en éducation prioritaire.
2. Une adéquation plus forte entre souhait familial et apprentissage
  • 79 % des parents d’apprentis avaient souhaité un CAP (contre 63 % pour les élèves en CAP scolaire).
  • Avant l’orientation, 95 % des parents d’apprentis envisageaient l’apprentissage.
  • Les ambitions scolaires initiales sont généralement plus élevées chez les parents des élèves en CAP scolaire.
3. Des contraintes plus fortes chez les familles d’élèves en CAP scolaire

Parmi celles qui avaient souhaité l’apprentissage :

  • Résultats scolaires insuffisants : 59 % (vs 43 % pour les apprentis),
  • Éloignement géographique : 32 % (vs 24 %),
  • Contraintes financières : 27 % (vs 16 %).

Ces freins sont particulièrement marqués dans les familles défavorisées.

4. Aspirations familiales et révisions au fil du parcours
  • Dès le CP, les parents des futurs jeunes en CAP valorisent moins les diplômes longs.
  • Les parents de futurs apprentis :
    • maintiennent davantage leurs aspirations initiales,
    • suivent plus souvent les souhaits de leur enfant.
5. Différences selon l’origine sociale
  • Parmi les jeunes orientés en CAP :
    • 56 % des apprentis et 66 % des élèves en CAP scolaire sont d’origine défavorisée.
    • Les jeunes d’origine sociale moyenne deviennent plus souvent apprentis, notamment les enfants d’artisans/commerçants.
  • Les enfants d’immigrés accèdent moins souvent à l’apprentissage, notamment pour raisons de réseau ou de discriminations.
6. Niveau scolaire à l’entrée en 6
  • Les apprentis ont en moyenne de meilleurs acquis :
    • 62 % des apprentis appartiennent au quart des scores les plus faibles en 6,
    • contre 79 % pour les élèves en CAP scolaire.
  • Les apprentis ont aussi :
    • moins redoublé,
    • des parents plus satisfaits des relations avec les enseignants.
7. Rapports à l’école
  • Les apprentis :
    • disent plus souvent apprendre beaucoup au collège,
    • apprécient davantage les activités scolaires,
    • mais sont moins contents d’aller au collège, ce qui peut favoriser leur orientation vers l’apprentissage.
8. Rôle du territoire et du secteur de scolarisation
  • Les apprentis viennent plus souvent :
    • des zones rurales,
    • du secteur privé.
  • Les élèves d’éducation prioritaire accèdent moins souvent à l’apprentissage.
  • Le lieu de résidence, même à caractéristiques égales, influence l’accès à l’apprentissage (offre de formation, présence de l’enseignement agricole).
Conclusion.

La note montre que l’orientation en CAP, notamment en apprentissage, n’est pas seulement le résultat de choix individuels mais dépend fortement :

  • du niveau scolaire,
  • du milieu social,
  • des aspirations parentales,
  • des contraintes matérielles,
  • et du territoire.

L’apprentissage en CAP apparaît plus valorisé par certaines familles, plus accessible pour les jeunes au niveau scolaire un peu plus solide, et plus répandu en milieu rural. 

Source : Note d’Information DEPP n°24.05, mars 2024.

Pour plus d'informations :

André Jorquera, chargé de projets développement des parcours et orientation, andre.jorquera@ccca‑btp.fr