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Innovation, Institutionnel : Du culte de la performance à la robustesse

Face à un monde fluctuant, le biologiste Olivier Hamant invite le BTP à s’inspirer du vivant pour gagner en robustesse plutôt qu’en performance.

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« La performance appelle la compétition et la compétition appelle toujours la violence », a commencé par expliquer Olivier Hamant, biologiste et directeur de l’Institut Michel-Serres« La performance et l’optimisation qui va avec nous fragilisent. » Cette course permanente à la performance épuise les ressources et prépare les crises suivantes. Il parle d’un « burn-out planétaire ». Face à un monde qui « va tanguer de plus en plus » avec les événements climatiques extrêmes, les crises géopolitiques et les pénuries, Olivier Hamant propose de changer d’axe : passer de la performance à la robustesse. Le vivant lui sert de référence. « Les êtres vivants sont robustes avant d’être performants », explique-t-il. Leur force tient à ce que nos organisations considèrent comme des défauts : redondance, lenteur, hétérogénéité. « Le futur du progrès, ce seront des gains de robustesse », insiste Olivier Hamant, à rebours de notre culte de l’optimisation.

Faire des « stress test » pour aller vers la robustesse

Le secteur du bâtiment et des travaux publics est directement concerné. Olivier Hamant souligne que le BTP est déjà fortement exposé aux fluctuations (climat, ressources, réglementation) et que, de ce point de vue, « c’est sans doute un des secteurs les plus en avance vers la robustesse, même s’il y a encore plein de choses à inventer ». Il évoque la montée des matériaux biosourcés ou géo-sourcés, l’économie circulaire et la question des isolants plastiques qui pourraient devenir « la nouvelle amiante » et la nécessité de concevoir des bâtiments avec des matériaux « gérables par le corps humain »

Aux formateurs et aux CFA, Olivier Hamant propose un outil très concret : le « stress test ». L’idée est de prendre un projet, une équipe ou une entreprise et de la « secouer virtuellement » : imaginer un doublement du prix de l’énergie, une rupture d’approvisionnement, plusieurs mois sans internet, puis se poser deux questions : quelles seraient les conséquences ? Que faut-il faire en amont pour réduire les impacts ? « Vous verrez, précise Olivier Hamant, que vous allez faire de la robustesse et aller contre la performance. »