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Enjeux et prospectives : Retour sur la journée de l’Observatoire des métiers du BTP

Le 25 novembre 2025 s’est tenue la journée de l’Observatoire des métiers du BTP. A cette occasion, 4 tables-rondes étaient organisées avec l’objectif de présenter les principaux enseignements et enjeux de quatre études menées au cours de l’année.

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Transitions et reconversions professionnelles vers les métiers du BTP 

Le BTP sera un des secteurs les plus pourvoyeurs d’emploi d’ici 2030. La première table ronde s’appuyait sur une étude menée par l’Observatoire des métiers du BTP. Le but de celle-ci était d’identifier les viviers et les canaux de reconversions vers le BTP mais aussi de comprendre qui sont les personnes qui s’orientent vers ces métiers, quelles sont leurs aspirations et leurs motivations. 

L’étude nous apprend que le secteur d’origine dépend principalement de la porte d’entrée des personnes en reconversion. En effet, les personnes ne passant pas par des formations diplômantes pour intégrer le secteur sont issus d’autres secteurs pour lesquels il est facile de transposer les compétences, comme la maintenance ou l’industrie par exemple. Les personnes passant par des formations certifiantes ont, elles, des profils plus variés et viennent principalement de secteur à forte intensité de main-d’œuvre comme la restauration, le commerce ou le transport par exemple.

Les entretiens révèlent que la quête de sens, le repositionnement biographique pour pratiquer des métiers de proximité et présent sur tout le territoire et la requalification sociale, pour aller vers le métier d’indépendant ou de chef d’entreprise sont les principales motivations citées. 

Trois catégories de métiers sont privilégiées par les personnes en reconversion : 

  • Les métiers d’ouvriers qualifiés, tels que la plomberie, l’électricité, la menuiserie, la charpente ou encore peintre en bâtiment, car ils ont une forte dimension manuelle et permettent de devenir indépendant assez facilement
  • Les métiers d’encadrement de chantier, car ils ne nécessitent pas de formation diplômante, ainsi les salariés en reconversion peuvent mettre en avant des compétences transférables
  • Les métiers de 1er niveau de qualification que sont les maçons, coffreurs-brancheurs, agenceurs, qui permettent une insertion professionnelle rapide 

L’observatoire des métiers a ensuite présenté le témoignage de deux femmes ayant eu recours à une reconversion professionnelle vers un métiers du BTP. Tout d’abord, celui de Charlotte Oselin qui, après avoir quitté un poste de conseillère bancaire, a lancé avec son mari une entreprise dans le secteur du BTP proposant des services de rénovation d’intérieur. Puis, celui de Sophie Mauguin qui a fait une reconversion du métier de pianiste vers celui de plombier. Grâce au soutien de France Travail et au GEIQ BTP, elle a pu obtenir un CAP sanitaire et génie climatique dans un CFA du BTP en alternance dans l’entreprise La Scetec. 

L’étude montre que les entreprises sont plutôt enclines à intégrer ce type de travailleur puisqu’un tiers d’entre elles emploient des salariés en reconversion et 90% sont satisfaites de l’avoir fait. Pour elles, la simple fait d’avoir choisi ce métier et d’avoir eu une vie professionnelle avant est vu comme un avantage par rapport à des personnes plus jeunes. 

La table ronde et les résultats de cette étude sont disponibles ici. 

 

L’usage de l’IA dans les entreprises du BTP 

Cette année, l’observatoire des métiers du BTP a également mené une étude sur la perception et l’intégration des outils d’intelligence artificielle dans les entreprises du BTP, avec pour objectif de dresser un état des lieux de la position du secteur face à l’IA. 

Les intervenants de la table ronde indiquent que l’IA est entrée dans les entreprises du BTP par la porte des fonctions supports et administratives pour lesquelles l’intelligence artificielle générative a été un booster. Cependant, au-delà de ces fonctions, l’intégration dans les métiers en est au stade embryonnaire. Parmi les participants, la création de devis, l’analyse de mémoire technique, la création de ligne de code, la comparaison d’offres, et la lecture sont les tâches principalement citées. 

Le contexte économique tendu pour le secteur a été cité comme frein à l’investissement dans les métiers. La fragmentation du tissu économique sur le sujet reste également marquée. Effectivement, il existe un écart entre les TPE et les grands groupes sur le sujet. Les grandes et moyennes entreprises ont davantage les moyens de prendre des risques ainsi elles ont une plus grande maturité face au numérique.

Les intervenants ont également évoqué les enjeux de formation vis-à-vis de l’intelligence artificielle. Selon eux, il est impératif que l’appropriation de cette technologie se fasse pour que les futurs salariés du BTP comprennent ce qu’est l’IA et comment cela fonctionne. Cependant, ils alertent sur le fait que pour le moment il n’y a pas de formations spécifiques au BTP, ils ont d’ailleurs exprimé la crainte que la formation du BTP prenne du retard même si des discussions autour du sujet commencent à émerger. 

Les résultats de cette étude seront dévoilés au cours du 1er trimestre 2026. Vous pouvez dès à présent regarder le replay de la table ronde du 25 novembre. 

 

Evolution des fonctions de l’encadrement de chantier et d’atelier dans les entreprises 

Cette étude avait pour objectif de mieux comprendre les fonctions d’encadrement de chantier et d’atelier. Ces métiers font l’objet de beaucoup d’attentes et de difficultés de recrutement accrues. Parallèlement, ils occupent une place stratégique dans les entreprises du BTP faisant face à des transformations majeures du secteur tel que la transition écologique, la mutation des modes constructifs et la transition numérique. 

Actuellement, 160 000 professionnels ont des fonctions d’encadrement dans les entreprises du BTP, les postes sont variés : conducteur de travaux, chefs de chantier, chefs d’atelier, chefs d’équipe… Cette fonction reste très masculine et est beaucoup plus présente dans les entreprises des travaux publics où ils représentent 20% des salariés, tandis que dans les entreprises du bâtiment il représente seulement 8% des effectifs. L’étude révèle également que ces métiers vont connaître une croissance d’ici 2030 avec un besoin entre 2 200 et 4 000 nouveaux postes alors qu’aujourd’hui déjà, 70% des entreprises sont en difficulté de recrutement. 

Présentation de l’étude prospective « Bâtir l’avenir : aspiration des jeunes et besoins des entreprises à horizon 2030-2040 » 

Cette étude prospective vise à imaginer comment le secteur du bâtiment peut évoluer à 10-15 ans et comment il peut répondre aux attentes des jeunes. Cette étude a été menée par un groupe de travail pluridisciplinaire en suivant trois étapes : 

  • Etude de 12 facteurs qui auront un impact sur comment les jeunes voient le bâtiment de demain (attentes des jeunes, technologies, mode de formation, réglementation dans le bâtiment…)
  • L’étude de ces derniers ont abouti à des hypothèses sur ces éléments
  • Ensuite ces hypothèses ont été croisées entre elles pour aboutir à quatre scénarios 

Malgré les différents scénarios établis certains constats communs à ces différents scénarios émergent sur 8 messages clés. A titre d’exemple, la tension sur le marché du travail pour s’accroître avec des jeunes moins nombreux et donc en position de force pour négocier leurs conditions d’emploi ce qui pourrait mener à une forte concurrence entre les entreprises et les secteurs pour attirer ces jeunes. Les attentes des jeunes pourraient évoluer vers une meilleure prise en compte du bien-être au travail ou une meilleur équilibre vie pro/perso. 

Le sujet du recrutement devrait rester un sujet crucial dans les années à venir d’autant qu’il est possible que la population active baisse en France à partir de 2035. 

Les scénarios imaginent quelle serait la position des jeunes si le secteur du bâtiment prenait certaine direction. Par exemple si le droit du travail connaissait un assouplissement important, ou si les politiques publiques poussaient fortement vers une transition écologique avec l’appui du secteur du bâtiment ou si les entreprises rivalisaient de stratégie pour attirer les jeunes (formation interne, parcours de d’évolution prédéfini…). 

Ces scénarios ont mené à des premiers enjeux et des premières pistes d’action sur l’attractivité, la formation et les besoins en compétences, les conditions de travail et les relations entreprises-travailleurs et l’inclusion d’une main-d’œuvre de plus en plus diversifiés.  

Primo entrant : étude sur le sujet l’année prochaine 

Pour plus d'information: 

Fiona Noyer, Analyste veille stratégique, Email