Innovation, Institutionnel : À Saint-Pierre, une université pensée pour le climat et la pédagogie

Au cours de son déplacement à La Réunion, la délégation du CCCA-BTP a visité l’université de médecine de Saint-Pierre, un campus bioclimatique qui illustre la montée en compétences des acteurs locaux en matière d'architecture durable.

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Implantée au cœur d’un jardin de 15 000 m2, l’université de Santé de Saint-Pierre porte l’empreinte du cabinet d’architecture T&T situé à Saint-Gilles et lauréat du concours mené par l’Université de La Réunion en 2016. Le choix du site et l’organisation du campus reposent sur une ambition forte :  associer bâtiment et paysage, et créer un environnement serein fidèle à l’ADN de l’île, « réaliser un projet dans un jardin » résume Pascal Marcé, architecte de T&T Architecture.

Une climatisation naturelle

Le plan d’ensemble de l’UFR Santé épouse la topographie du territoire et organise un campus qui se vit autant comme un lieu d’étude que comme une promenade. Composé de six bâtiments (enseignement, administration, Learning Center, recherche, vie universitaire, logistique), l’UFR Santé a été conçu en lien étroit avec les vents des alizés. Orientation précise des volumes pour favoriser la ventilation traversante, patios, ouvertures à galandage, jalousies et brasseurs d’air : trois techniques naturelles de circulation de l’air se combinent pour assurer un confort thermique sans climatisation. 
Pour Laetitia Bartoli, chargée de mission territoriale du CCCA-BTP, ce projet « montre comment l’architecte pense son bâtiment en amont, avec une connaissance du territoire et une analyse fine des vents et démontre aussi que l’on peut se passer de climatisation et qu’il faut bousculer les mentalités, y compris en métropole, face au réchauffement climatique et à la nécessité d’autonomie énergétique ».

Favoriser la porosité intérieur-extérieur

Le cheminement à travers l’université se fait au rythme des strates paysagères : au sol, en passerelle ou sous les frondaisons. Les circulations s’ouvrent en espaces intermédiaires, mi-intérieurs mi-extérieurs, notamment entre le bâtiment d’enseignement et le Learning Center. Ces jardins couverts, véritables pièces de transition, prolongent les zones de travail et favorisent les échanges. Les ombrières photovoltaïques créent un microclimat tout en produisant de l’énergie.
La construction repose sur des principes alliant sobriété et adaptation au contexte : le béton armé pour la stabilité, la sécurité incendie et la performance acoustique, des structures bois plus légères en hauteur ; des pavillons de plain-pied entièrement en ossature bois. L’ensemble s’ancre dans les fondamentaux du bioclimatisme tropical : créer de l’ombre et multiplier les porosités pour laisser circuler l’air.