La ministre du Travail fait sa rentrée de l’apprentissage dans un CFA du BTP

La ministre du Travail fait sa rentrée de l’apprentissage dans un CFA du BTP

3 septembre 2021 – La ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, Élisabeth Borne, a choisi le BTP, premier secteur à former des apprentis, pour faire sa rentrée de l’apprentissage. C’est à BTP CFA Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), qu’elle s’est rendue ce vendredi 3 septembre, pour évoquer la rentrée 2021-2022 et échanger avec des apprentis, des formateurs, des chefs d’entreprises et des représentants du secteur du BTP, notamment le CCCA-BTP.

Une vraie rentrée pour l’apprentissage… En pleine semaine de rentrée scolaire pour les écoles, collèges et lycées, Élisabeth Borne souhaitait « mettre en valeur l’apprentissage, cette filière d’excellence », a-t-elle précisé. La ministre du Travail, de l’Emploi, et de l’Insertion s’est rendue, le 3 septembre, à BTP CFA Rueil Malmaison. Une visite dans cet établissement entièrement restructuré et modernisé il y a trois ans, où elle a pu découvrir un outil de formation, qui incarne le dynamisme et l’excellence de l’apprentissage dans le secteur du BTP, qui représente 20 % de l’apprentissage en France tous secteurs professionnels confondus.

Ces quatre dernières années, le nombre d’apprentis dans le BTP connaît une évolution très favorable : une augmentation de 7 % en 2020-2021 avec 83 000 apprentis en formation à un métier du BTP au niveau national. Les premières tendances de la rentrée 2021-2022 confirment cette progression constante.

« L’image de l’apprentissage est en train de changer »

Après sa visite des ateliers de BTP CFA Rueil-Malmaison (finition, serrurerie-métallerie, menuiserie, fluides et énergie), Élisabeth Borne a participé à une table ronde pour échanger avec des apprentis, des formateurs, des chefs d’entreprises et des représentants du secteur du BTP, sur les avancées en matière d’apprentissage dans le bâtiment et les travaux publics, depuis la loi de septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel et faire le point sur les évolutions de la réforme de l’apprentissage mise en place depuis un an et demi.

« Avec la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel, de nombreux freins ont été levés. Nous avons constaté à quel point les CFA s’en sont saisis, en particulier ceux du BTP. L’image de l’apprentissage est en train de changer, mais il reste encore du chemin à parcourir. Nous devons continuer à présenter les métiers, à valoriser les parcours professionnels, à évoquer les bons taux d’accès à l’emploi. Plus que jamais, l’enjeu est aujourd’hui de simplifier l’entrée dans la vie professionnelle des jeunes. C’est un défi pour notre société. Le gouvernement souhaite maintenir jusqu’au 31 décembre 2021, et peut-être au-delà, les aides au recrutement d’apprentis, dans le cadre du plan « Un jeune, une solution » : 5 000 euros pour les apprentis de moins de 18 ans et 8 000 euros pour un apprenti majeur. Il faut que les entreprises continuent à s’en saisir. C’est d’autant plus important d’amener les jeunes vers les métiers du BTP, alors que beaucoup d’entre eux sont en tension. Une des réponses est de continuer à renforcer l’apprentissage. »

Élisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion

Lors de la table ronde, Jean-Christophe Repon, vice-président du CCCA-BTP, a présenté à la ministre les grands axes de la dynamique d’innovation insufflée par le CCCA-BTP pour accompagner les organismes de formation aux métiers du BTP. Une dynamique déjà initiée avant la réforme de 2018, avec le plan Transform’BTP.

« La loi de 2018 nous a obligés à un changement de paradigme, que nous avons anticipé avec notre plan Transform’BTP. Le CCCA-BTP est un outil des branches du bâtiment et des travaux publics, qui est un levier d’action et un accélérateur d’innovation dans la formation à nos métiers du BTP. Nous avons de grands défis à relever (…). Le CCCA-BTP joue un rôle majeur pour donner une vision d’avenir pour le BTP, ainsi que le souhaitent les partenaires sociaux du BTP. Nous agissons pour que les formations et les compétences soient en parfaite adéquation avec les besoins des entreprises et des territoires. Le CCCA-BTP contribue au développement de l’hybridation des formations et des compétences, pour répondre aux enjeux, notamment, de la rénovation énergétique et, plus largement, de la transition écologique. »

Jean-Christophe Repon, vice-président du CCCA-BTP

La dynamique du CCCA-BTP en termes d’innovation pédagogique accompagne tous les organismes de formation aux métiers du BTP, pour leur permettre d’anticiper les évolutions, répondre aux forts besoins en compétences des entreprises et assurer l’excellence et la performance de leur activité grâce à une haute qualité pédagogique.

Parmi les actions déployées en faveur de l’innovation pédagogique et du développement de l’apprentissage, le vice-président du CCCA-BTP a notamment cité le développement du numérique éducatif dans les pratiques pédagogiques, la modularisation des formations, le développement de la formation immersive, avec des modules en réalité virtuelle, ou encore le soutien aux expérimentations et innovations initiées par les organismes de formation aux métiers du BTP, avec l’organisation d’appels à projets et appels à candidatures : « Nous espérons que les CFA répondront de plus en plus aux appels à projets du CCCA-BTP, tant dans le domaine du développement des compétences et de l’apprentissage, que ceux de la transition écologique et numérique », a souligné Jean-Christophe Repon. En 2021, le programme des appels à projets et appels à candidatures comporte 14 thématiques, portant plus particulièrement sur la mise en œuvre de la transition énergétique et l’économie circulaire, et doté d’un budget de 20 millions d’euros. « Je me félicite de l’apport du CCCA-BTP, qui est un showroom de la loi de 2018 et de l’apprentissage en termes d’innovation pédagogique, de modularité des parcours, d’ancrage avec le monde économique et de relations avec les entreprises », a souligné la ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion. « Nous sommes fiers de cette reconnaissance de la part de la ministre, de l’action menée, s’est félicité Jean-Christophe Repon. Nous devons aussi convaincre de plus en plus de jeunes et leurs familles qu’il y a un avenir dans nos métiers, dans lequel on peut avoir des parcours de vie d’une grande richesse, où l’on peut s’épanouir, avec des métiers bien rémunérés et avoir une bonne qualité de vie », a-t-il conclu.

« L’innovation, essentielle pour relever les défis qui se présentent à nous »

Lors de ce déplacement, les formateurs et les représentants du secteur du BTP ont rappelé les éléments phares de la réforme de l’apprentissage de 2018, qui ont permis aux organismes de formation d’être encore plus dynamiques, inventifs et agiles. Aussi bien dans la qualité de la formation, que dans l’accompagnement de l’apprenti, ou dans l’évolution de la relation entre entreprise et CFA dans une logique de service… Il est un autre domaine où ils ont un rôle clé à jouer : la capacité à s’ancrer dans un territoire et à participer à son développement économique, notamment en innovant.

« Cette loi a boosté les organismes de formation en nous donnant plus de liberté et d’initiative. Elle nous offre des marges de manœuvre essentielles avec un fil conducteur à toutes nos actions : l’innovation, à la fois dans notre offre pédagogique et nos réponses apportées aux enjeux environnementaux. L’innovation est essentielle pour relever les défis qui se présentent à nous, en termes d’offre et de parcours de formation et de partenariats. C’est dans cet esprit que nous allons inaugurer prochainement un démonstrateur de matériaux biosourcés à BTP CFA Ocquerre. C’est un outil pédagogique à destination des apprentis et des personnes en reconversion, ainsi que des professionnels qui souhaitent s’engager dans la filière biosourcée. Il a été construit à 80 % par les apprentis. Nous implantons aussi un atelier collaboratif sur la filière bois à BTP CFA Noisy-le-Grand, entièrement tourné vers le numérique. Il s’agit à la fois d’un lieu de formation, mais aussi un site de production pour les artisans, qui ne peuvent pas aujourd’hui investir dans le numérique. Nos CFA du BTP ont une mission essentielle d’insertion des jeunes et de réponse aux besoins des entreprises Demain, nous devons être meilleurs qu’aujourd’hui. »

Jany Rabotin, président de BTP CFA Île-de-France.

« Notre force est d’accompagner le projet professionnel de chaque apprenti »

L’association BTP CFA Île-de-France qui gère les sept CFA du BTP à gouvernance paritaire de la région, dont BTP CFA Rueil Malmaison, a répondu à l’appel à projets consacré « au maintien en formation des jeunes en apprentissage par la sécurisation des parcours », pour éviter les ruptures du contrat d’apprentissage. L’accueil, le suivi et l’accompagnement de l’apprenti dans la construction de son parcours de formation sont déterminants. D’autant que les publics sont très hétérogènes avec, en premier lieu, des jeunes qui accèdent à l’apprentissage après la 3e, mais aussi des jeunes primo-arrivants et de plus en plus d’étudiants diplômés de l’enseignement supérieur.

« Nous devons faire face aujourd’hui à un grand nombre de jeunes qui souhaitent s’insérer dans l’apprentissage. Au sein du CFA du BTP de Rueil-Malmaison, nous avons mis en place une organisation pour gérer l’hétérogénéité des parcours, afin que les jeunes s’épanouissent, ne s’arrêtent pas en cours de route et faire en sorte que ça « matche » entre les entreprises et les apprentis. Notre force est d’accompagner le projet professionnel de chaque jeune qui rentre en formation. Il y a une personnalisation de la relation avec chaque apprenti, pour construire individuellement le parcours de chacun. »

Pierre Gomez, directeur de BTP CFA Rueil-Malmaison

Comme c’est le cas de Théo, 25 ans. Après un DUT et une licence professionnelle, en alternance. Théo désirait plus que tout s’orienter vers un métier manuel.

« Je ne souhaitais plus connaître la vie de bureau. Je suis actuellement en CAP Électricien en un an, le métier que je souhaitais faire à mes quinze ans. Ensuite, je définirai mon parcours, soit vers un BP, ou un CAP connexe, pour lier le métier d’électricien à une autre activité. Mon objectif est avant tout d’acquérir de l’expérience en entreprise, et ensuite de créer mon entreprise et pouvoir recruter des salariés. »

« Il n’y a pas besoin de gros muscles pour exercer le métier de métallier ! »

La question de la féminisation des métiers dans le secteur du bâtiment et des travaux publics a également été évoquée lors de cette visite. La situation évolue, mais encore trop faiblement. À BTP CFA Rueil-Malmaison, sur un total de 450 apprentis cette année, seules dix femmes sont inscrites. Il est difficile de trouver une entreprise pas toujours structurée pour embaucher une femme, alors que, comme l’a rappelé Jean-Christophe Repon, vice-président du CCCA-BTP, « toutes les conditions sont aujourd’hui réunies pour les accueillir. Nos métiers ne sont plus pénibles, même s’ils restent physiques. Nous devons davantage communiquer en affirmant que le secteur de la construction est accessible aux femmes. »

Camille Lecomte, 29 ans, n’a pas hésité à se lancer dans une formation de serrurerie-métallerie à BTP CFA Rueil-Malmaison, après des études de graphisme. Après l’obtention de son CAP, elle poursuit sa formation dans un BP Métallier.

« J’ai été touchée par la préoccupation de la ministre de l’insertion des femmes dans les métiers de la construction. Il n’y a pas besoin de gros muscles pour exercer le métier de métallier. Je ne suis pas bodybuildeuse ! C’est juste un peu physique. J’entends malheureusement trop de préjugés dans ce domaine. Je constate qu’il y a beaucoup de femmes qui pensent que le secteur du BTP ne leur est pas accessible, alors que la réalité est toute autre. Les méthodes, les outils, et les équipements ont beaucoup évolué. »